samedi 15 décembre 2012

Chapitre 7



Mon coude râpe contre le mur qui crépite.


Le blanc du sol se mêle au rouge écarlate de ma robe qui traîne.


Des perles s'échappent le long de mon cou et la croix de mon cœur, contre la surface écrasée, se fend en deux, le temps de n'y voir que du feu.


Mon pied butte contre une masse inerte et respirante, soufflante. Je ne baisse pas les yeux, je sers un peu plus fort la chaine que je tiens maintenant dans ma paume, ma paume qui suinte, qui suinte, d'avoir trop bu, qui suinte d'avoir trop vu.


J'ai arraché, j'ai fendu la plaie, en deux, le temps de n'y voir que du feu. Je ne baisse pas les yeux sur la masse que je percute. Je pousse du bout du pied le petit animal mort et souffrant.


Un souffle chaud sur ma cheville me fait sursauter et pourtant je ne sursaute pas, je ne sursaute plus, je supporte, je me fends, je me fends en deux, juste le temps de n'y voir que du feu.


Du feu sur ma cheville, une main qui s'y agrippe, j'ai la gorge sèche, un cure-dent s'y enfonce, une lame me pénètre la poitrine, je me fends, je me fends, je me fends, en deux, je me sens, je me sens, je me sens feu.


Un baiser sur le front de l'âme abandonnée et mes pieds qui exécutent patiemment le chemin que je leur trace. J'aimerai me retourner, jeter un dernier regard désolé sur la fatalité que je fuis, sur ce courage qu'il me manque, sur ce baiser que j'ai laissé du bout des lèvres.
J'encre dans ma poitrine le plus beau des sermons, je jure de me détester, je jure de me punir, je jure mille et une choses, j'en ai la nausée, mais bientôt dans mes poumons de l'air frais, mais bientôt dans mon esprit la certitude que je reviendrai.
La masse inarticulée gesticule dans mon dos. Une ombre se dresse à mes côtes, mais je ne laisse de temps au feu, je cours, je vole, je déploies mes ailes de papier et, fendue en deux par la plus douce des lames de verre, je deviens feu.

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