jeudi 13 décembre 2012

Chapitre 9



Mon coeur est blanc et lorsque je m'ouvre à nouveau à la lumière d'un lampadaire, c'est un livre aux pages ensanglantées qu'il me vient l'envie d'écrire.
Le corps transpercé d'une lance, je considère à tâtons le maigre chemin qu'il me reste à parcourir.
Je ne cherche aucun pardon, je ne conçois, je n'accepte mes regrets qu'à moitié.
A moitié vécue est ma vie, à moitié bu est le verre de mon essence abîmée.

Une étrange lumière m'entoure de son feu. Mes jambes et mes bras, mes jambes et mes bras que je ne sens plus, vacillent à la lueur d'une inquiétante pénombre lunaire.
Sur mon visage, l'ombre d'un sourire éternel. Sur mon visage, la trace de ses petits doigts d'enfant. Sur mon visage, un dégoût amer que je vomis, que je rends, que je pends d'une corde rouge-sang...
Je vomis mes mains, mon sang, ces larmes que je sens, cet arc de tristesse et de repentir que je tends.
Je vomis mon coeur et ses défaillances, mon âme et ses déviances, mon esprit, inconscient, ravageur, impertinent.
Mon inconsistance face à la peur.
Ma dépendance à la douleur.
L'éphémérité d'un nuage que je pleure.

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